Présidentielle 2027 : une campagne lancée très en avance
Le politologue Roland Cayrol juge cette précocité positive, tandis que Christophe Barbier a recensé jusqu'à 34 candidats potentiels.

Un calendrier avancé
La campagne pour l'élection présidentielle française de 2027 a démarré bien plus tôt que les précédentes. Interrogé par La Dépêche, le politologue Roland Cayrol rappelle qu'en 2006, Ségolène Royal avait été désignée candidate en novembre, et qu'en 2012, François Hollande avait été investi mi-octobre.
En 2017, la primaire des Républicains s'était tenue en novembre et celle du Parti socialiste en janvier. Cette fois, les débats battaient déjà leur plein au 1er septembre.
Roland Cayrol explique cette avance par la fin du dernier mandat d'un président sortant. Selon lui, cette inconnue rend la compétition plus ouverte : les seuls candidats sûrs d'y aller sont, dit-il, les extrêmes, le Rassemblement national et La France insoumise.
L'analyse de Roland Cayrol
Pour le politologue, cité par La Dépêche, les Français ont été « un petit peu privés » de campagne présidentielle. Il estime que celle de 2022 fut une « fausse campagne » sur fond de guerre extérieure et de difficultés géostratégiques, et que la dernière véritable campagne remonte à deux mandats.
Il évoque aussi le sentiment d'être arrivé « au bout des solutions macroniennes », et un Parlement tripartisan dans lequel aucune majorité n'est possible. Une campagne précoce est, selon lui, une bonne chose d'un point de vue démocratique, même si elle pose des problèmes aux candidats.
Le décompte des candidatures
Sur LCI, l'éditorialiste Christophe Barbier a affirmé avoir compté 34 candidats potentiels « en ajoutant aussi tous les farfelus ». La liste rapportée par TF1 Info va d'Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon à Patrick Sébastien, Francis Lalanne ou encore Sylvain Durif, surnommé le « christ cosmique » sur les réseaux sociaux.
Cette liste devrait se réduire. Des cinq candidats socialistes, un seul se présentera à l'issue de la primaire, et tous ceux qui n'obtiendront pas leurs 500 parrainages ne pourront pas concourir.
Christophe Barbier rappelle qu'en 1974, il fallait 100 parrainages d'élus pour 12 candidats, seuil jugé trop faible et porté à 500. En 2022, on comptait aussi 12 candidats. Le record date de 2002, avec 16 candidats au premier tour.
Un paysage politique recomposé
Christophe Barbier lie la situation actuelle à l'éclatement des partis traditionnels. « En 2017, Emmanuel Macron a fait tout exploser », déclare-t-il sur LCI, estimant que les partis n'ont pas su reconstruire leur légitimité.
Il désigne la dissolution de 2024 comme une « deuxième onde de choc Macron », qui aurait déstructuré le paysage politique et l'aurait « englouti dans la polarisation ».
Les sources citées ne précisent ni la date du scrutin, ni le calendrier définitif de la primaire socialiste, ni la liste des candidats qui atteindront le seuil des parrainages.
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