Berlin accuse Moscou d'une attaque de drones à Leipzig
L'Allemagne ferme le consulat russe de Bonn, la Russie riposte en fermant les centres culturels Goethe-Institut sur son territoire.

L'attaque manquée de l'aéroport de Leipzig
Le gouvernement allemand a affirmé mardi que ses enquêtes policières et ses renseignements avaient prouvé que la Russie était derrière une attaque manquée à l'aéroport de Leipzig/Halle. Selon la BBC, la cible visée le 4 août était un avion cargo ukrainien, avec un drone chargé d'explosifs.
Le drone a été désamorcé par un robot sur le site. Un deuxième drone est soupçonné d'être entré en collision avec un autre avion cargo, et un troisième aurait été retrouvé dix jours plus tard à l'aéroport.
Cet aéroport est une plateforme importante pour l'Otan, l'alliance militaire occidentale, et il est régulièrement utilisé par les avions de transport ukrainiens Antonov. Le ministre allemand de l'Intérieur a déclaré que la configuration du drone, ses composants, ses explosifs et son détonateur étaient tous connus d'autres opérations hybrides russes.
Deux suspects auraient été identifiés, selon la BBC: un Bélarusse muni d'un passeport russe entré avec un visa touristique, et une autre personne détentrice de passeports letton et russe, arrivée en avion à Berlin et repartie deux jours avant l'attaque manquée.
Fermetures croisées et démentis
L'Allemagne a annoncé mercredi la fermeture du consulat russe de Bonn ainsi que de la Maison russe, un centre culturel à Berlin que les autorités allemandes soupçonnent largement de servir de relais de propagande au Kremlin.
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a répliqué jeudi en annonçant la fermeture des centres culturels du Goethe-Institut à Moscou, Saint-Pétersbourg et Iekaterinbourg. S'exprimant au Forum économique oriental de Vladivostok, il a estimé que toute autre réponse traduirait un manque de « respect de soi » de la part de la Russie.
Le ministère russe des Affaires étrangères affirme que Berlin n'a fourni aucune preuve à l'appui de ses accusations. Le chargé d'affaires allemand Bernd Finke a été convoqué pour entendre le rejet par Moscou d'accusations qualifiées d'« entièrement infondées ».
Le président russe Vladimir Poutine a jugé que les mesures allemandes constituaient une erreur grave qui « va clairement à l'encontre des intérêts du peuple allemand ». Interrogé sur une éventuelle rupture des relations avec Berlin, le vice-ministre des Affaires étrangères Alexandre Grouchko a répondu « peut-être », tout en disant laisser pour l'instant une chance à la diplomatie.
Réactions européennes
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré que « Leipzig marque une nouvelle escalade sur le sol de l'Union européenne directement attribuée à la Russie ». Le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte a dit que l'alliance était « en pleine solidarité avec l'Allemagne ».
Le gouvernement britannique a convoqué jeudi le principal diplomate russe à Londres pour protester contre ce qu'il a qualifié d'attaque « scandaleuse et imprudente », y voyant selon NBC News le « dernier épisode d'une série manifeste de tentatives russes » de fragiliser la sécurité européenne.
Des responsables occidentaux accusent depuis des mois Moscou de mener une campagne de sabotage et de déstabilisation, ce que la Russie dément. En Allemagne, des critiques ont jugé la réponse de Berlin relativement faible. Les sources disponibles ne précisent pas l'identité complète des suspects ni l'état d'avancement des poursuites.
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