Berlin accuse Moscou d'une attaque de drones à Leipzig
L'Allemagne ferme un consulat russe, la Russie répond en fermant les Goethe Institut, après l'incident de l'aéroport de Leipzig.

L'incident de l'aéroport de Leipzig
Le gouvernement allemand a annoncé le mardi 2 septembre des mesures de rétorsion contre Moscou, qu'il accuse d'avoir déployé au moins un drone explosif sur l'aéroport de Leipzig, un hub logistique majeur pour le soutien de Berlin à l'Ukraine. L'attaque remonte au début du mois d'août, selon La Dépêche du Midi. Boursorama, citant la conclusion du gouvernement allemand, situe la tentative d'attaque sur l'aéroport de Leipzig/Halle le mois dernier.
L'Union européenne a évoqué un acte de "terrorisme soutenu par un État". Le président russe Vladimir Poutine a pour sa part reproché à Berlin d'avoir fabriqué des preuves afin de pouvoir blâmer la Russie.
Les sources disponibles ne précisent pas comment les drones ont été neutralisés, ni s'il y a eu des blessés.
Consulat fermé à Bonn, Goethe Institut fermés en Russie
L'Allemagne a annoncé la fermeture du consulat général russe à Bonn et la fin du contrat de la Maison culturelle russe à Berlin.
La Russie a répliqué. Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré jeudi, selon l'agence de presse Interfax, que son pays fermerait les centres culturels allemands connus sous le nom de Goethe Institut à Moscou, Saint-Pétersbourg et Iekaterinbourg.
"(L'Allemagne) a pris cette mesure délibérément, ils ne pouvaient pas ne pas comprendre, ce qui signe la fin de leur présence culturelle en Russie", a dit Sergueï Lavrov selon l'agence TASS. Il a souligné que ces centres étaient restés ouverts "malgré toutes les complications ukrainiennes" dans les relations avec l'Occident.
Le seuil franchi, selon Guillaume Ancel
Interrogé par La Dépêche du Midi, Guillaume Ancel, écrivain et ancien officier français, auteur de "Petites leçons sur la guerre", estime qu'un seuil a été franchi. La guerre hybride, explique-t-il, désigne des cyberattaques et des manoeuvres menées sous le seuil de rupture, sans revendication explicite ni emploi direct de la force armée classique.
"Employer trois drones militaires armés contre des infrastructures aéroportuaires civiles en Europe constitue un acte de guerre manifeste", affirme-t-il. Il parle de trois drones, là où le même article de La Dépêche évoque au moins un drone explosif dans sa présentation des faits.
Selon lui, la différence avec les épisodes précédents tient aux preuves. Lors du survol de bases stratégiques comme celle de l'Île-Longue en France en 2025, l'imputation restait juridiquement complexe à établir. Cette fois, dit-il, les morceaux récupérés appartiennent sans ambiguïté à des drones militaires en service dans l'armée russe.
La chaîne ARTE a consacré son journal du 2 septembre 2026 à cette question, sous le titre "L'UE unie face à la guerre hybride", avec un tour d'horizon de la stratégie menée par Moscou contre les Européens.
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